L’image 3D la plus vaste de l’univers, élaborée à partir des données du Dark Energy Spectroscopic Instrument, dévoile 47 millions de galaxies avec une précision saisissante.

Une petite partie de la carte de DESI sur cinq ans de la structure à grande échelle de l’univers. (Crédit image : DESI Collaboration et Institutions membres de DESI/DOE/KPNO/NOIRLab/NSF/AURA/R. Proctor, traitement d’image : M. Zamani (NSF NOIRLab))Abonnez-vous à notre newsletter
Ce cliché n’est qu’un fragment de l’une des vues les plus complètes et spectaculaires de l’univers jamais réalisées — une structure semblable à une toile formée par des millions de galaxies, s’étendant jusqu’aux confins du temps.

La carte complète de la toile cosmique par DESI, montrant environ 47 millions de galaxies. (Crédit image : DESI Collaboration et Institutions membres de DESI/DOE/KPNO/NOIRLab/NSF/AURA/R. Proctor)
L’étude quinquennale visait à recueillir des données sur 34 millions de galaxies et de quasars (les noyaux lumineux des jeunes galaxies lointaines). En réalité, elle en a détecté plus de 47 millions, ainsi que plus de 20 millions d’étoiles proches de la Voie lactée. Une visualisation publiée avec la carte de DESI montre son évolution au cours de ces cinq années.
Une partie de la lumière capturée dans cette image a mis des milliards d’années à atteindre Kitt Peak, permettant ainsi aux scientifiques de remonter le temps pour reconstituer l’évolution de l’univers. Le résultat est une vue tridimensionnelle qui montre non seulement où se trouvent les galaxies, mais aussi comment elles se sont déplacées et regroupées au fil du temps.
Au-delà de son impact visuel, l’image joue un rôle crucial dans l’exploration de la mystérieuse énergie sombre, nom donné par les physiciens à une force qui semble être à l’origine de l’expansion accélérée de l’univers. Elle représente environ 70 % de l’univers, et sa nature et sa distribution constituent l’une des plus grandes énigmes de la physique.
En comparant la distribution des galaxies à différentes époques, les chercheurs peuvent suivre l’influence de l’énergie sombre sur la structure de l’univers au cours des 11 derniers milliards d’années. Les premières données de DESI suggèrent déjà que l’énergie sombre pourrait évoluer au cours de l’histoire cosmique — une percée qui remodelerait fondamentalement la compréhension des scientifiques de l’univers et de son destin ultime.
Cette image est le fruit d’une vaste collaboration internationale. Plus de 900 chercheurs issus de plus de 70 institutions ont contribué au projet, dirigé par le Lawrence Berkeley National Laboratory et financé par le Bureau des sciences du département de l’Énergie des États-Unis.
DESI continuera ses observations du ciel jusqu’en 2028, élargissant sa carte d’environ 20 %. Les futures observations cibleront des galaxies plus faibles et plus lointaines, ainsi que des régions plus difficiles à observer près de la Voie lactée (où les étoiles interfèrent) et dans le ciel austral (qui nécessite que le télescope traverse une plus grande partie de l’atmosphère terrestre). Les premiers résultats de l’ensemble des données sont attendus en 2027.
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